Autoroute Robert-Cliche (73) - Prolongement

Le premier tronçon de l’autoroute Robert-Cliche (73), d’une longueur de 34,3 km, a été ouvert à la circulation entre Lévis et Scott en 1977. Par la suite, ce sont 34,8 km d’autoroute qui ont été mis en service, dont le tronçon situé entre la route 276 à Saint-Joseph-de-Beauce et la route du Golf à Beauceville et le tronçon entre la route des Pins et la route 204. Depuis le 30 septembre 2016, le dernier tronçon, entre la route du Golf et la route des Pins est ouvert à la circulation. Ce sont donc 88 km d’autoroute qui relient Lévis à Saint-Georges.

Description du projet

Le prolongement de l’autoroute Robert-Cliche permettant de relier Saint-Joseph-de-Beauce et Saint-Georges est devenu une nécessité pour la région, autant sur le plan de la sécurité que du développement. En effet, l’activité économique engendre un important volume de transport de marchandises et fait croître la population des municipalités environnantes. L’arrivée d’une autoroute sera bénéfique principalement pour les secteurs de l’industrie, du commerce, ainsi que du transport des marchandises et des personnes.

Le projet, réalisé en mode traditionnel, est séparé en trois tronçons :

  • Tronçon 1 : entre la route du Golf, à Beauceville et la route Veilleux, à Notre-Dame-des-Pins (8 km);   
  • Tronçon 2 : entre la route Veilleux, à Notre-Dame-des-Pins et la 74e Rue, à Saint-Georges (5,4 km);   
  • Tronçon 3 : entre la 74e Rue et la route 204 Est, à Saint-Georges.
  • Les travaux de ces tronçons de l'autoroute 73 sont réalisés du sud vers le nord, soit de Saint-Georges vers Saint-Joseph-de-Beauce.

En quoi consiste le mode traditionnel?

Ce mode consiste à confier la réalisation des travaux à différents entrepreneurs une fois que les plans et devis détaillés de chaque lot sont achevés. Les entrepreneurs et les prestataires de services en conception, en surveillance, en maîtrise d’œuvre, en contrôle de la qualité et en gestion de projet sont retenus par le Ministère à la suite d’appels d’offres publics.

Objectifs du prolongement de l'autoroute Robert-Cliche

  • Améliorer la sécurité du corridor de déplacement entre Saint-Joseph-de-Beauce et Saint-Georges
  • Améliorer la circulation locale en ajoutant un nouvel axe nord-sud qui traversera la rivière Famine à Saint-Georges
  • Faciliter la circulation de transit sur la route 173
  • Améliorer la qualité de vie des citoyens qui habitent aux abords de la route 173

Coût du projet

Le projet est inscrit au Plan québécois des infrastructures 2015-2025  dans la catégorie des projets routiers en réalisation. Le coût total pour le prolongement de l'autoroute Robert-Cliche (73) entre Saint-Joseph-de-Beauce et Saint-Georges est de 412 millions de dollars.

Le projet fait l’objet d’une entente de financement entre les gouvernements du Canada et du Québec. Le gouvernement fédéral investit un montant de 40 millions de dollars dans le cadre du Fonds sur l’infrastructure frontalière.

Étapes du projet

Tronçon 1 - entre la route du Golf, à Beauceville, et la route Veilleux, à Notre-Dame-des-Pins

Cette phase, située au nord du projet, s’étend sur une distance de 8 km, auxquels s’ajoutent les 2,8 km de la nouvelle route des Pins, et comprend la construction de 10 nouvelles structures. Cette partie du projet est divisée en trois secteurs : A, B et C.

Secteur A - au nord, s'étendant de la route du Golf jusqu'à 800 m au nord du rang Fraser, à Beauceville

Les travaux ont été entrepris en octobre 2013 et se sont terminés en août 2015. Par ailleurs, ce projet comprend le prolongement de la 181e Rue à Beauceville, qui passera sous l’autoroute pour relier la voie de desserte est et le parc industriel.

Secteur B - débutant à 800 m au nord du rang Fraser et s'étendant sur 3 km vers le sud

Ce tronçon se subdivise en deux chantiers, soit B1 et B2. Le chantier débutant à 800 m au nord du rang Fraser et s’étendant sur 1 km vers le sud (secteur B1) inclut la construction d’une structure au-dessus de la route Fraser. Ce chantier a été amorcé le 21 juillet 2014 et il s’est terminé en septembre 2015.

Pour ce qui est du secteur du rang Saint-Charles (secteur B2), il est d’une longueur de 2 km et inclut la construction de deux structures côte à côte au-dessus du rang Saint-Charles, ainsi que deux portiques pour la grande faune situés à 900 m au nord du rang Saint-Charles, à la hauteur d’une dépression naturelle du terrain. Les travaux ont commencé le 13 avril 2015 et se poursuivront jusqu’en 2016.

Secteur C - situé à Notre-Dame-des-Pins

Les travaux ont débuté le 26 août 2013 et se sont poursuivis jusqu’en octobre 2015. Ce secteur comprend la construction de la route des Pins et de son échangeur, qui se situe à la limite des municipalités de Beauceville et de Notre-Dame-des-Pins. L’achèvement de ce chantier a permis l’ouverture d’un deuxième tronçon de l’autoroute 73 en novembre 2015.

Tronçon 2 - entre la route Veilleux, à Notre-Dame-des-Pins et la 74e Rue, à Saint-Georges

Le tronçon reliant la route Veilleux (20e Rue), à Notre-Dame-des-Pins, à la 74e Rue, à Saint-Georges, a une longueur de 5,4 km et se divise en deux secteurs. Le premier, qui comprend essentiellement la construction de l’échangeur de la 74e Rue, est ouvert à la circulation depuis novembre 2013.

Secteur 2 - entre la 57e Rue et la route Veilleux

Ce second secteur, situé entre la 57e Rue (route Cumberland) et la route Veilleux, à Notre-Dame-des-Pins, comprend en outre la construction de l’impressionnant pont qui enjambe la rivière Gilbert. Les travaux du secteur ont été entrepris en juillet 2012 et devraient être achevés à l’automne 2015.

Pont de la rivière Gilbert

Cette structure d’une longueur totale de 326,4 m est perchée à plus de 48 m à partir du dessus de la semelle centrale jusqu’au-dessus du tablier. En raison de sa taille imposante et de son emplacement, la pose des poutres du pont de la rivière Gilbert a été réalisée par la « méthode de lancement », qui est une technique employée lorsqu’il est impossible d’utiliser des grues, comme c’est le cas généralement lorsque la configuration du site comporte des obstacles particuliers (vallée escarpée, rivières larges et profondes).

Cette méthode consiste à pousser les poutres d’un bout à l’autre du pont à l’aide de vérins (appareil servant à tendre les câbles qui vont tirer des poutres afin de les mettre en place). Le principe est d’assembler les poutres à l’arrière de la culée sur un plateau très long préparé à cet effet, puis de pousser les poutres dans le vide à l’aide de vérins et de tirants. Un nez de lancement est mis en place et des rouleaux sont installés sur les piles afin de favoriser le glissement des poutres.

Système d'aspersion automatique pour le déglaçage du tablier du pont

En raison de la géographie et de l’environnement dans le secteur du pont enjambant la rivière Gilbert, qui comprend une rivière, un relief accidenté, une présence fréquente d’humidité et un corridor de vent, l’autoroute a dû être construite selon une configuration s’adaptant au milieu. Les particularités du pont (longueur, élévation, etc.) peuvent engendrer des conditions de surface de la chaussée particulières et différentes de celles de la route. Ainsi, afin d’améliorer la sécurité des usagers dans ce secteur, un système d’aspersion automatique de fondants liquides (système de déglaçage automatisé) a été installé sur la structure. Ceci permet une intervention ponctuelle et rapide en fonction des besoins.

Ce système est constitué d’une station de pompage, d’un système de raccordement, d’un système de contrôle (activation des gicleurs) et d’un système météoroutier (capteurs de chaussée et stations météoroutières) déterminant l’état de la chaussée. L’aspersion s’effectue sur la structure de même qu’à l’approche de celle-ci. À cet effet, quatre gicleurs sont installés dans chaque direction en amont du pont. Le premier est installé à une distance de 60 m de la structure, et une distance de 15 m sépare chacun d’entre eux. Le roulement des véhicules permet de disperser les fondants liquides sur toute la largeur du pont tout en les transportant sur plusieurs mètres en aval.

Tronçon 3 - entre la 74e Rue (entrée nord) et la route 204 Est à Saint-Georges

Ce tronçon est divisé en deux secteurs qui totalisent 4,3 km d’autoroute, et les travaux consistaient en la construction de deux structures et l’aménagement d’un carrefour giratoire à l’extrémité sud du tronçon. Les travaux ont débuté en juin 2010 par le secteur au sud, soit celui entre la route 204 et le pont de la rivière Famine, à Saint-Georges; ils se sont terminés en septembre 2012. Ce tronçon a été ouvert à la circulation en novembre 2013.

Les travaux dans le deuxième secteur, situé au nord de Saint-Georges, ont pour leur part débuté en mai 2011 pour se terminer en octobre 2012. Le tronçon a été ouvert à la circulation le 21 novembre 2013, une fois la construction de l’échangeur de la 74e Rue (phase 2) achevée.

Historique du projet

La Commission de protection du territoire agricole du Québec  (CPTAQ) a traité le dossier dans son ensemble et a rendu une décision favorable en juillet 2007.

Cette décision a cependant été contestée devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ) pour le tronçon entre Beauceville et Notre-Dame-des-Pins. Le TAQ a rendu son jugement  en juillet 2008 infirmant la décision de la CPTAQ, qui s'est vu retourner le dossier.

Le 15 avril 2009, la CPTAQ a rendu sa deuxième décision en faveur du projet  , décision qui a de nouveau fait l'objet d'un recours au TAQ.

Le 11 novembre 2009, le décret,  autorisant notamment le Ministère à utiliser les terres visées par le prolongement de l'autoroute 73 à des fins autres que l'agriculture, a été adopté par le Conseil des ministres.

Le 23 décembre 2009, des opposants au projet ont déposé une requête à la Cour supérieure afin d'annuler le décret de novembre 2009. Le 3 novembre 2010, la Cour supérieure a rendu une décision en faveur des opposants en invalidant le décret du 11 novembre 2009.

Le gouvernement a inscrit la cause en appel le 1er décembre 2010. Un projet de loi spécial validant le décret du 11 novembre 2009 a été déposé le 24 mars 2011. La loi a été adoptée le 8 juin 2011. Celle-ci s'applique malgré toute décision d'un tribunal ayant invalidé ce décret.

Le 17 juillet 2013, la CPTAQ a donné une autorisation concernant trois parcelles localisées sur deux lots, à Beauceville, qui ne figurent pas dans le décret 1180-2009. Une telle omission est attribuable à des considérations techniques relatives à la rénovation cadastrale.

Le 1er août 2013, des opposants au projet ont déposé une requête au TAQ demandant d'annuler l'autorisation de la CPTAQ concernant les deux lots non identifiés.

Lors d'une audition le 24 octobre 2013, le TAQ a affirmé que les lots non identifiés sont directement liés au dossier qui a été contesté en 2009 et qui était alors en suspens.

En juillet 2014, la Cour supérieure rejette l'ensemble des demandes de l'une des opposantes, confirmant ainsi la validation du projet de loi no 2, ainsi que du décret et de l'avis d'expropriation.

En janvier 2015, le TAQ a rejeté le recours des opposants, dans le dossier STE-Q-155225-0905 . Par celui-ci, ils contestaient la décision de la CPTAQ du 15 avril 2009, qui autorisait l'aliénation et l'utilisation des terres à des fins autres que l'agriculture pour certains lots pour la construction de l'autoroute.

Toujours en janvier 2015, le TAQ a accusé réception d'un désistement des opposants dans le dossier STE-Q-193727-1308. Dans ce recours, ceux-ci contestaient la décision de la CPTAQ du 17 juillet 2013 quant à l'omission involontaire des deux lots au décret 1180-2009 émis par le gouvernement le 11 novembre 2009.

Environnement

Études d'impact

La première étude porte sur la portion comprise entre la route du Golf à Beauceville et la 74e Rue (entrée nord) à Saint-Georges. La deuxième traite du tronçon entre la 74e Rue (entrée nord) et la route 204 Est à Saint-Georges. Ces études ont été rendues publiques respectivement en février et en décembre 2006. Des présentations publiques ont ensuite été effectuées, à l'initiative du Ministère, pour le premier tronçon, en mars 2006, et pour le second, en février 2007.

Les études environnementales ont fait ressortir des enjeux régionaux tels que :

  • la préservation de la qualité de vie et du milieu de vie des résidents;
  • la préoccupation des représentants du milieu quant à la consolidation et la stimulation des activités économiques et industrielles;
  • la sensibilité de la rivière Chaudière aux modifications au régime hydraulique;
  • la préservation des activités agricoles;
  • le relief accentué, qui limite la possibilité de conception du projet.

Audience publique

L'audience publique pour la première phase, organisée par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), a eu lieu pour le en octobre et novembre 2006. Le rapport du BAPE  a été rendu public en mars 2007.

Mesures environnementales

Dans le cadre du projet de prolongement de l'autoroute Robert-Cliche (73), des mesures particulières sont mises sur pied afin d'assurer la sécurité des usagers et de préserver le milieu environnant.

Clôtures à cervidés

L’autoroute traverse un ravage de cerfs de Virginie de part et d’autre de la rivière Famine à Saint-Georges. Une clôture haute a été installée sur environ 2 km de chaque côté de l’autoroute afin de restreindre l’accès des cervidés à l’emprise routière. Il s’agit d’une clôture métallique de 2,4 m de hauteur. Une clôture semblable a également été installée le long de l’autoroute entre la route Veilleux (20e Rue) à Notre-Dame-des-Pins et la route Fraser à Beauceville, où l’habitat est redevenu très fréquenté par les cerfs, selon les relevés récents.

Sautoirs

Des sautoirs (rampes de fuite) sont intégrés aux clôtures hautes, à intervalles réguliers, afin de permettre aux cerfs qui se seraient introduits dans la zone clôturée de regagner la forêt.

Qu'est-ce qu'un sautoir?

Un sautoir est une butte non clôturée qui permet à un cerf captif à l’intérieur des clôtures de quitter l’emprise et de retourner dans son milieu naturel. Le côté extérieur du sautoir est un muret qu’un animal provenant de la forêt peut avoir de la difficulté à franchir. Il permet ainsi d’éviter les intrusions dans l’emprise.

Passages pour cervidés

On profite généralement des sites de ponts pour prévoir des passages pour les cervidés dans les zones où cela est pertinent. Les terrains situés sous le pont de la rivière Famine, particulièrement sur la rive sud, ont été aménagés pour favoriser la traversée sécuritaire des cerfs sous la structure. Ce passage leur permettra ainsi de continuer à jouir de leur habitat s’étendant des deux côtés de l’autoroute.

Le passage des cervidés demeurera également possible au voisinage de la rivière Gilbert ainsi qu’à un autre site situé au nord de l’échangeur de la route des Pins, par l’aménagement de deux portiques dans les axes de l’autoroute 73.

Talus écrans

Des talus ont été aménagés à l’approche nord du carrefour giratoire à l’angle de la route 204 et à l’approche nord de la 90e Rue. Ceux-ci jouent à la fois un rôle d’écran visuel et de protection contre le bruit pour les résidents riverains.

Aménagements paysagers

Des aménagements paysagers sont réalisés sur tous les tronçons au fur et à mesure de leur construction. Les végétaux peuvent remplir différentes fonctions :

  • indiquer un changement de milieu, par exemple à l'approche de la zone urbaine de Saint-Georges, pour inciter les usagers à réduire leur vitesse;      
  • servir d'écran visuel et de brise-vent pour diminuer l'effet de la poudrerie sur la visibilité et l'état de la chaussée, favorisant ainsi la conduite en saison hivernale;      
  • redonner un caractère plus naturel aux abords de route et aux sites des traversées et des redressements de cours d'eau;      
  • assurer un coloris automnal intéressant et l'intégration d'érables aux endroits appropriés et adéquats afin de souligner que la Beauce est le pays de l'érable, et ce, de concert avec les gens du milieu;      
  • ajouter différentes variétés de lilas dans le secteur de la ville de Saint-Georges, car celle-ci projette de devenir la capitale du lilas dans un avenir rapproché.

Des plantations ont donc été prévues le long de l’autoroute, mais aussi en bordure des routes transversales, comme la 74e Rue où l’espace était disponible, le long de la route 173 et de la rivière Chaudière à la hauteur des raccordements, sur les sites de chantiers, dans et autour des bassins de rétention, etc.

Bassins de rétention

Le déboisement de vastes superficies, l’imperméabilisation d’une partie des surfaces (asphaltage) ainsi que l’excavation de fossés en bordure de la route font en sorte que l’eau arrive plus rapidement aux cours d’eau adjacents. Cela peut contribuer à augmenter les débits de crue. Des bassins de rétention sont donc creusés à des endroits stratégiques dans le but de retenir temporairement le surplus d’eau et ainsi d’éviter d’augmenter le débit d’écoulement vers les cours d’eau du bassin versant de la rivière Chaudière ou les ouvrages situés en aval (par ex. un réseau pluvial).

Quatre de ces bassins ont été aménagés sur le territoire de la ville de Saint-Georges et plusieurs autres le long du tronçon allant de Beauceville à Notre-Dame-des-Pins.

Documentation

Communiqués

Bulletin Le 73

Cartes

Photos

Vidéos

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